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Le mouvement Dada
"DADA. On appelle Dada le mouvement intellectuel et artistique qui, né à Zurich en 1916, s'est étendu à l'Allemagne, la France et les Etats-Unis. Il a perdu sa virulence à partir de 1923 et s'est fondu, en France, dans le surréalisme. Il doit son nom à Tzara, qui l'aurait inventé en feuilletant au hasard un dictionnaire. On lui doit aussi ces définitions : "Dada place avant l'action et au-dessus de tout : le doute. Dada doute de tout. Dada est tatou. Tout est Dada. Méfiez-vous de Dada." Et : "Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes : laboratoires d'idées formelles. Fait-on l'art pour gagner l'argent et caresser les gentils bourgeois ?" [...]
GUERRE. Dada naît pendant et contre la première guerre mondiale, durant les massacres de la Somme (1916) et avant les mutineries de 1917. Zurich était le refuge des exilés et des pacifistes. L'antipatriotisme déclaré des dadaïstes allemands et français après l'armistice leur valut la haine des ligues d'anciens combattants.
HASARD. Aux méthodes réputées savantes des artistes "sérieux" formés dans les académies, Dada oppose la danse avec le hasard. Arp déchire des morceaux de papier et les fixe dans la position où ils ont glissé. Tzara conseille, pour faire un poème, de tirer d'un sac des coupures de journaux et de les copier dans l'ordre de leur apparition.
LIVRES. L'exposition a suscité une foule de réimpressions de textes dadaïstes et d'historiens - dont le Dada à Paris de Michel Sanouillet (CNRS, 652 p., 35 euros) - et la parution d'ouvrages d'initiation, parmi lesquels Dada libertin et libertaire de Giovanni Lista (L'Insolite, 274 p., 85 euros) et un colossal catalogue aux notices de qualité (Éditions du Centre Pompidou, 1 024 p., 39,90 euros). [...]"
Philippe DAGEN
Article paru dans Le Monde du 06.10.05
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