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Expositions dada etc.

« Duchamp, La peinture même » au Centre Pompidou

La Mother est allée voir l'exposition sur Marcel Duchamp, proposée jusqu'au 5 janvier 2015 au Centre Pompidou, et te conseille vivement de découvrir cet artiste aussi génial qu'atypique !

Né en 1887, Marcel Duchamp a révolutionné l'art du 20ème siècle. Il est l'inventeur du « Ready-made » ; le principe, une oeuvre toute faite qu'il sélectionne pour sa neutralité esthétique et qu'il érige en oeuvre d'art. Avec cette forme d'art il pousse l'avant-gardisme à l'extrême. Duchamp retourne la pensée artistique en interrogeant sur la notion même de ce qu'est l'art.

Au-delà d'être un grand artiste Duchamp fut aussi un grand joueur d'échecs comme tu peux le découvrir sur ce génial petit film de René Clair, montrant Duchamp et Man Ray en pleine partie. Tu retrouves d'ailleurs cette passion dans certaines oeuvres exposées !

(suit le film Entr'acte) [...]

16 octobre 2014

Un peintre nommé Duchamp ?

Étrange exposition que celle du Centre Pompidou (jusqu'au 5 janvier), et le "même" qui accompagne son titre semble n'être qu'un artificiel clin d'oeil. Non point qu'il soit inintéressant ou réactionnaire de s'interroger sur les origines; non point qu'une telle approche nie ou ignore les travaux sur le Duchamp postérieur, celui connu de tous (au contraire, comme le reconnaît quand même en bas de page une note de ce billet très orienté). Mais plutôt parce que le propos de l'exposition est confus et déroutant (comme Duchamp lui-même...) : s'agit-il de montrer une continuité ou une rupture ? S'agit-il d'affirmer Duchamp comme peintre malgré tout et de démontrer que ses oeuvres postérieures, et en particulier Le Grand Verre (dont une superbe reproduction, due au talent d'Ulf Linde, figure ici, avec, en fond sonore, les propos de Duchamp à son sujet : remarquable expérience), sont en droite ligne de ses débuts picturaux ? Ou s'agit-il au contraire de démontrer que l'impasse dans laquelle Duchamp se trouve après les Nu(s) descendant un escalier l'amène à s'orienter vers autre chose, en l'occurrence les readymades, et à "tuer la peinture" ? Ou peut-être que le choix entre ces deux options, entre "négation et sublimation de la peinture", s'est avéré impossible, d'où cette confusion. [...]

Lunettes Rouges dans Le Monde - 13 octobre 2014

Duchamp, l'homme qui ne voulait pas être peintre

Belle expo au Centre Pompidou, mais qui peine à démontrer que Duchamp était peintre avant tout.

L'exposition est belle, à condition de faire abstraction du son titre. « Marcel Duchamp, la peinture même », qui se tient jusqu'au 5 janvier au Centre Pompidou, aurait dû s'appeler « Les Débuts de Marcel Duchamp ». Car l'artiste (1887-1968), personnalité majeure de l'univers créatif du XXe siècle, celui qu'on qualifie d'inventeur de l'art conceptuel, a arrêté de peindre dès les années 1910. Comme les toiles de l'artiste réunies ne suffisaient pas, la commissaire, Cécile Debray, les contextualise avec des oeuvres contemporaines de sa production ou signées de personnalités qui l'ont influencé, tel Odilon Redon. Duchamp ne reniera jamais ses premières peintures - sa « Boîte-en-valise » de 1935, sorte de rétrospective prématurée de son oeuvre en petit format transportable dans une mallette le prouve. C'est même un peintre talentueux, ainsi que l'écrit Octavio Paz : « Les premiers tableaux de Duchamp témoignent d'une maîtrise précoce. Ce qu'aujourd'hui certains critiques appellent "la bonne peinture". » (*) Mais simplement, Duchamp a choisi de passer à un art autrement cérébral. [...]

Judith Benhamou-Huet dans Les Echos le 3 octobre 2014

L'adieu à la peinture de Marcel Duchamp

En attendant de voir l'exposition que le Centre Pompidou consacre au père de l'art conceptuel, voyons comment Duchamp a pris du champ avec la peinture. Portrait d'un anartiste, en cinq temps.

Il a inventé l'art conceptuel. Bouleversé notre idée du beau. Mais avant d'être le pape de l'art contemporain, Marcel Duchamp était peintre. Retour sur une métamorphose en cinq étapes.

suite Excellent article avec illustrations !

Le 23/09/2014 à 10h00
Olivier Cena - Télérama n° 3374

Marcel Duchamp, tel quel

Comment l'esprit est-il venu au créateur du «Grand Verre», toujours si énigmatique? Réponse à Beaubourg en 100 oeuvres, de Cranach à Picabia, de Marey à Manet et Redon.

A comme Ami. En décembre 1916, Marcel Duchamp, devenu célèbre grâce à son Nu descendant un escalier exposé à l'Armory Show (1913), rencontre Henri-Pierre Roché, attaché diplomatique aux États-Unis, collectionneur et homme de lettres, don Juan très actif. La séduction est immédiate, réciproque, racontent Scarlett et Philippe Reliquet, qui ont étudié leur correspondance (Éd. Presses du Réel). Marcel sera d'emblée «Victor», puis «Totor», pour Roché, premier des fidèles. L'écrivain, si cher à François Truffaut, de Jules et Jim, des Deux Anglaises et le Continent, garde dès leur rencontre les Neuf Moules Mâlic, appelés entre eux Le Petit Verre, matrice de La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, le grand oeuvre de l'artiste.

B comme Brésil. C'est le corps de l'artiste brésilienne Maria Martins, avec laquelle il eut une liaison de 1943 à 1950, qui servit de modèle à Duchamp pour la femme nue et offerte, entrevue à travers un mur crevé d'Étant donnés: 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairage... (1946-1966). Il y a de l'érotisme et du morbide dans cette scène de crime artistique. «Ta sculpture et ma femme au chat ouvert», «notre gourgandine de N.D. désir», écrit Duchamp à son modèle. On vérifie sur ce corps sans tête à la chair si pâle le rejet viscéral de Duchamp pour les poils, héritage animal. Le jeune artiste canadien Marcel Dzama a exposé sa version grandeur nature, l'an dernier, au Mocca de Toronto. En plan d'ouverture de son film L'Humanité, Bruno Dumont y fait référence.

[...]

Par Valérie Duponchelle - lefigaro.fr - le 30/09/2014

Marcel Duchamp peintre au Centre Pompidou

Marcel Duchamp, inventeur du ready made, précurseur de l'art conceptuel, vu comme celui qui a tué la peinture, était aussi un peintre. C'est cet aspect méconnu de son oeuvre que le Centre Pompidou a voulu faire découvrir (jusqu'au 5 janvier 2015). [...]

Par Valérie Oddos dans Culturebox de FranceTVinfo le 30 septembre 2014

A Beaubourg, Marcel Duchamp trop cultivé

C'est Duchamp qu'on apprivoise, c'est un vilain garnement qu'on toise. Erudite et didactique, la mise au pas picturale a lieu au centre Pompidou, sous la direction de Cécile Debray. Projet sage comme les images qu'il organise, distribue : montrer et démontrer que le bon peintre et dessinateur que fut Duchamp s'est émancipé à 25 ans de la peinture, de ses rosées esthétiques et sensuelles, pour rejoindre les formes les plus neuves - et acides - de l'idée : «L'expression intellectuelle plutôt que l'expression animale», dit le jeune homme qui vieillit plus vite que la lumière et semble disparaître dedans. «J'en ai assez de l'expression "bête comme un peintre".»

Bénitier. Donc, ni bête ni peintre, implacable étoile filant vers le vide, le rien. Mais étoile peinte quand même : si bon artisan, n'est-ce-pas, et si bon fils et si bon frère, il peint avec amour son père et ses soeurs, les tableaux de famille sont là pour le prouver, tous parfaits dans leur genre galerie art moderne des ancêtres, et finalement si bon sujet sachant de ces musées dont il a pourtant détruit, entre autres choses, la vieille habitude d'entre-soi et de respect toujours renouvelé. On entre ici chapeau en mains quand on devrait sortir la bite à l'air. Mais l'Urinoir est absent : ça sent plutôt le bénitier. Il n'y a qu'une photo du célèbre ready-made, faite par Stieglitz en 1917*. On ne pourra pas dire en sortant : Fontaine, j'ai bu de ton eau empoisonnée. La froide sauvagerie de l'intellect, la menace qu'elle devrait glisser dans nos regards, la sensation que la peinture est mortelle, tout cela est absent. Breton disait : «Je cherche l'or du temps.» Ici, on cherche l'ordre du temps. Son ordre esthétique. A travers celui qui l'a brisé. Duchamp méritait mieux, ou pire, que cette garde à vue.

suite

Philippe Lançon dans Libération le 25 septembre 2014
* : L'Urinoir est absent, et pour cause. Il est perdu depuis 1917 et la photographie de Stieglitz est tout ce qui en reste. A.S.

Duchamp, fossoyeur de la peinture ?

PARIS – Son nom est resté à jamais attaché aux « ready-made », et on a fait de lui l'ancêtre de l'art conceptuel, donc une divinité tutélaire de l'art contemporain. Entre jeux de mots et dérision (ses « élevages de poussière », ses « nus vites », sa Joconde L.H.O.O.Q), expérimentations optiques et contamination des sciences pures, sa production serait purement intellectuelle – son goût forcené des échecs renforçant cette image. En réalité, Duchamp a bien été peintre et sa vocation d'artiste s'est même révélée lors de la visite du Salon d'Automne 1905 (l'année de la rétrospective Manet et de la « cage aux fauves » de Matisse). Pendant plusieurs années, au début de sa carrière, il a peint des portraits (notamment de sa famille), des paysages dans une veine cézannienne, des personnages à la sauce cubiste. Et ce n'est qu'après le refus de son Nu descendant un escalier (qui lui vaudra sa célébrité améric aine à l'Armory Show de New York, en 1913) qu'il prend d'autres chemins. L'exposition du Centre Pompidou montre cette distanciation progressive... et jamais complète : son oeuvre ultime, son Grand Verre en interminable gestation, tient encore beaucoup de l'univers pictural. Duchamp est contre la peinture de même façon que Guitry était contre les femmes : tout contre...

Marcel Duchamp. La peinture, même au Centre Pompidou, du 24 octobre 2014 au 5 janvier 2015.

ArtAujourdhui.Hebdo - N° 358 - du 25 septembre 2014 au 1 octobre 2014

Comment Duchamp a bousculé l'art : la réponse à travers 3 oeuvres

VIDEO. Le Centre Pompidou accueille des oeuvres rarement présentées en France. L'occasion de redécouvrir celles qui ont été déterminantes dans le parcours de l'artiste.

Bernard Géniès, journaliste au Nouvel Observateur, décrypte trois oeuvres majeures de Duchamp : "L.H.O.O.Q.", "Nu descendant l'escalier" et "Le grand verre".

Le Nouvel Observateur du 27 septembre 2014

« Marcel Duchamp, la peinture, même » : un leurre savant au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou propose du 24 septembre au 5 janvier une exposition lisse, sage, terne et très savante autour des peintures de Marcel Duchamp. Une exposition pleine d'érudition pour l'entre soi des spécialistes de l'art avides de connaissances précises sur l'artiste mais très obscure pour le grand public à qui les expositions du Centre Pompidou devraient être toujours adressées. [...]

Faire des prouesses et donner envie de découvrir et d'aimer l'art conceptuel et intellectuel avec Duchamp eut été simple ; il suffisait de lire ce qui est écrit, affiché, les mots de Duchamp sur l'art sans chercher à tout expliquer ou justifier.

Duchamp la peinture, même ? Admettons l'humour de la virgule... Mais où est la vie ? Où sont les folies ? Où est le concept ? Comment donner envie de découvrir l'art au plus grand nombre en enfermant un artiste décloisonné dans la prison de l'illusion du savoir ? Une exposition triste pour un artiste vivant hors de l'espace temps et des cases à adorer ou détester selon son goût.

Bérénice Clerc dans Toute la Culture du 28 septembre 2014

À propos de l'événement

Marcel Duchamp. La peinture, même

On a beaucoup glosé sur la rupture de Marcel Duchamp avec la peinture, mettant en avant, tel un leurre, le traumatisme psychologique originel causé par le rejet de son Nu descendant un escalier du Salon des indépendants de 1911 par ses amis et frères cubistes. À la lumière des quelques gestes iconoclastes dadaïstes et de l'invention du readymade, le créateur de Fountain, la « fontaine-pissotière », est généralement perçu comme celui qui a tué la peinture. Et pourtant le débat reste ouvert : le projet de Duchamp n'a-t-il pas été de la reformuler ? C'est cette lecture renouvelée de l'oeuvre peint de l'une d'es figures les plus emblématiques de l'art du 20ème siècle que propose l'exposition du Centre Pompidou.

La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, son « Grand Verre », oeuvre hermétique et complexe, occupe dans ce débat un statut ambigu. On peut y lire tout à la fois la négation et la sublimation de la peinture à travers un tableau impossible.

La découverte, après la disparition de Marcel Duchamp en 1968, de sa dernière oeuvre Étant donnés 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairage – préparée dans le secret pendant vingt ans (1946-1966) et dont le titre repris d'une des plus anciennes notes de La Boîte verte affirme clairement le lien avec le « Grand Verre » et sa thématique – brouille définitivement l'image d'un Duchamp iconoclaste. Ainsi les oeuvres tardives telles que la série de moulages érotiques ou de gravures d'après les Maîtres (Prière de toucher, 1947 ; Feuille de vigne femelle, 1950 ; Objet dard, 1951 ; Coin de chasteté, 1954 ; Morceaux choisis, 1968) appartiennent à la genèse lente d'Étant donnés. Cette cohérence obsessionnelle se lit dès les débuts de peintre de Duchamp. C'est en cherchant à réinventer la peinture qu'il a construit son parcours artistique fait de recherches approfondies et de doutes, d'engagements entiers quasi romantiques et de rejets dégoûtés.

Dès les caricatures et les premiers nus de 1910, Marcel Duchamp pose la question du regard et du rapport entre le texte et l'image : le climat érotique dans lequel flottent ces oeuvres et la thématique du voyeurisme qui les parcourt ancre son travail dans la lignée même de celui de Manet. Il dira à la fin de sa vie : « Tout est à base de climat érotique sans se donner beaucoup de peine. Cela remplace ce que d'autres écoles appelaient symbolisme, romantisme. Cela pourrait être, pour ainsi dire, un autre "isme". L'érotisme était un thème, et même plutôt un "isme", qui était la base de tout ce que je faisais au moment du « Grand Verre ». Cela m'évitait d'être obligé de rentrer dans des théories déjà existantes, esthétiques ou autres. » (Marcel Duchamp, entretien avec Pierre Cabanne, 1967). Les jeux de massacre de Noce de Nini pattes-en-l'air des baraques de fêtes foraines ou les films libertins sur le motif éculé du Déshabillage de la mariée forment la préhistoire du thème duchampien de La Mariée...

suite

Par Cécile Debray, commissaire de l'exposition

24 septembre 2014 - 5 janvier 2015 de 11h00 à 21h00
Galerie 2 - Centre Pompidou, Paris

13 euros, TR 10 euros / Forfait donnant accès à toutes les expositions temporaires et aux collections permanentes du musée


LE CHARAFI DE BEN CHAPITRE 2

AURA LIEU LE 24 OCTOBRE

Pour venir
Prenez le bus (arrêt Mosca)
ou alors prenez le train des Pignes
le train part à 18h 13 et arrive à la Madeleine à 18h 22
Ensuite c'est 10 minutes à pied
Jusqu'au Bleu de France

Je ne sais pas encore ce qu'il y aura
Ce n'est pas les idées qui me manquent

A la Menuiserie - 116 boulevard de la Madeleine - 06000 Nice
jusqu'au 6 novembre 2014


Georges Ribemont-Dessaignes - Max Ernst

Une exposition rassemblant les écrits et quelques dessins du poète Georges Ribemont-Dessaignes avec des lithographies du grand peintre et sculpteur allemand Max Ernst est visible dans la maison de Joë Bousquet. «Ces deux artistes se sont rencontrés ici et il est émouvant de pouvoir faire le lien à travers cette expo.» Incorporés chacun d'un côté du front de la guerre de 14-18, disciples plus tard du dadaïsme, les deux hommes se lièrent d'amitié. C'est dans les années 60 que l'anti-conformiste Georges Ribemont-Dessaignes décidait d'écrire «La ballade du soldat» sur la grande guerre . Max Ernst non moins révolté, fut enthousiasmé et décida de l'illustrer . Avec Pierre Chave, lithographe et galériste à Vence dans les Alpes-Maritimes, il y eut de nombreux échanges et ainsi Max Ernst réalisa trente-quatre lithographies originales avec ses essais. Les auteurs ont souhaité que deux versions soient aussi publiées, l'une anglaise, l'autre allemande afin de sensibiliser le plus grand public aux horreurs et à la bêtise de la guerre. Cette exposition est visible jusqu'au 29 novembre 2014.

Maison Joë Bousquet , 53 rue de Verdun, 11000 Carcassonne
04 68 72 50 83.


Dada en bref au Cabaret Voltaire, Zurich

L'exposition permanente « Dada en bref » rassemble 165 personnalités dadaïstes dans une constellation au plafond de la crypte au rez-de-chaussée de sa maison natale. Elle présente au moyen de fresques les portraits des principaux protagonistes. Des films et des interviews racontent l'histoire et la propagation de Dada.

Le catalogue de l'exposition contient les biographies des 165 Dadaïstes. « Dada en bref » se destine à être un point focal de Dada en se concentrant sur les personnes et les histoires qui ont fondé et forgé le mouvement de 1916 jusqu'à 1923.

Conservateurs : Adrian Notz et Juri Steiner
Réalisation : Pius Tschumi, Nora Hauswirth, Raphael Perret, Kristina Stupp Rühl, Fjolla Rizvanolli, René Fahrni
Son : Iris Rennert
Fresques : Andy Ineichen
Films : Sonja Feldmeier
Graphiques : Emanuel Tschumi
Documentation : Aline Juchler

Cabaret Voltaire
Spiegelgasse 1
CH-8001 Zurich, Suisse
043 268 57 20
info@cabaretvoltaire.ch
Heures d'ouverture : du mardi au dimanche de 12h30 à 18h30.